Economie #economie #pauvreté #pauvreté multidimensionnelle #modèle logistique [Published on Feb. 10, 2026, 6:01 p.m. by mendas]
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Déterminants de la pauvreté multidimensionnelle au Sénégal

Affiliations

1. ENSAE

2. ANSD

Abstract

Appréhender la pauvreté à travers le seul prisme du revenu ne permet pas de rendre compte de la complexité des privations vécues par les ménages sénégalais, qui se manifestent simultanément dans des dimensions essentielles telles que l’éducation, la santé, les conditions de vie, l’accès à l’emploi et la qualité de la gouvernance. Face à ce constat, il devient dès lors essentiel de comprendre les facteurs qui expliquent ces privations multiples. Cette étude a donc pour objectif d’identifier les déterminants de la pauvreté multidimensionnelle au Sénégal. Pour ce faire, elle mobilise l’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM) d’Alkire et Foster ainsi qu’un modèle de régression logistique appliqué aux données de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM) 2021/2022. Les résultats révèlent qu’au Sénégal, 57,41% de la population est affectée par la pauvreté multidimensionnelle, avec une intensité moyenne de privations de 40,18% et un IPM national de 23,06%. L’éducation contribue à 34,41% de cet indice, suivie des conditions de vie (32,29%) et de la santé (20,96%). L’analyse explicative, validée par un taux de classification de 77,54% et une aire sous la courbe ROC de 0,87, identifie des déterminants structurants majeurs. La taille du ménage apparaît comme le facteur le plus discriminant : les ménages de 20 personnes et plus présentent 44,53 fois plus de risques d’être pauvres multidimensionnellement que les ménages de moins de cinq personnes, avec un effet marginal de +51,43%. Le capital humain du chef de ménage constitue un facteur protecteur déterminant : l’analphabétisme multiplie par 2,51 les risques de pauvreté (-13,67% d’effet marginal pour l’alphabétisation), tandis que l’absence de diplôme accroît ces risques de 2,26 fois par rapport aux diplômés du supérieur. Les disparités territoriales sont criantes. Comparativement à Dakar, les ménages résidant à Matam présentent 8,03 fois plus de chances d’être pauvres multidimensionnellement (+30,32% d’effet marginal), ceux de Kolda 5,19 fois plus (+24,7%), et ceux de Tambacounda 4,42 fois plus (+22,49%). Le milieu rural affiche un risque 2,28 fois supérieur au milieu urbain (+12,42% d’effet marginal). D’autres facteurs structurent fortement la vulnérabilité : l’inactivité du chef de ménage multiplie les risques par 2,66, la présence d’un handicap majeur les triple (odds ratio de 3,32, +16,18% d’effet marginal), et le statut matrimonial influence significativement l’exposition, les divorcés présentant 5,31 fois plus de risques que les célibataires. Le niveau de bien-être économique révèle un gradient marqué : les ménages très pauvres (quintile 1) ont 17,24 fois plus de chances d’être pauvres multidimensionnellement que les ménages riches (quintile 5). Ces résultats appellent à une refonte des politiques publiques notamment avec le ciblage des grands ménages par des allocations progressives et un accès facilité aux services de base ; l’investissement massif dans l’éducation et l’alphabétisation, particulièrement en zones rurales et régions défavorisées; le rééquilibrage territorial par la concentration des investissements publics dans les régions les plus exposées comme Matam, Kolda, Tambacounda et Kédougou et la réduction du clivage urbain-rural.

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