Diagnostic de la complexité productive du Sénégal Une extension du cadre ECI/PCI à l’analyse multi-échelle d’ensemble du tissu économique d’un pays d’Afrique de l’Ouest
Affiliations
1. ENSAE
2. ANSD
Abstract
Ce rapport propose une extension méthodologique du cadre de la complexité économique afin de mesurer la sophistication productive effectivement mobilisée sur le territoire national. Il adopte une approche multi-échelle (macroéconomique, sectorielle et microéconomique) en mobilisant des données issues de la comptabilité nationale et la Base de Données Économiques et Financières (BDEF) sur la période 2014–2023. Deux nouveaux indicateurs sont introduits : la Complexité Productive Totale pondérée par la Production (CPT-Y) et la Complexité Productive Totale pondérée par la Valeur Ajoutée (CPT-VA). Leur construction repose sur un appariement systématique entre les nomenclatures internationales (HS6) et nationales (NOPEMA, NAEMAS), permettant d’ancrer la mesure de la complexité dans la réalité productive domestique. Les résultats mettent en évidence un dualisme productif marqué. La complexité des exportations demeure systématiquement supérieure à celle de la production intérieure, et plus encore à celle de la valeur ajoutée effectivement créée. En 2023, près de 83 % de la valeur ajoutée nationale est concentrée dans des secteurs à faible complexité, notamment l’agriculture cé- réalière et l’extraction minière. Des secteurs technologiquement sophistiqués ( électronique, machines, équipements ) existent, mais restent économiquement marginaux, représentant moins de 2 % de la valeur ajoutée. L’analyse sectorielle identifie quatre clusters distincts, révélant une dissociation structurelle entre poids économique et sophistication productive. Les secteurs dominants sont caractérisés par une faible complexité mais une forte concentration économique, tandis que les niches sophistiquées apparaissent instables et diffuses. Depuis la crise du COVID-19, cette divergence s’est accentuée : le potentiel exportateur rebondit, mais la sophistication de la production domestique stagne. ix L’analyse microéconomique confirme une polarisation extrême des performances. Dans les secteurs dominants, le top 10 % des entreprises capte plus de 90 % de la valeur ajoutée. À l’inverse, les activités sophistiquées sont marquées par une forte volatilité, des marges instables et une concentration des risques, freinant leur capacité à soutenir une transformation structurelle inclusive.
Similar papers
Le présent rapport, portant sur l'analyse géospatiale de l'organisation des entreprises formelles au Sénégal en 2023, est réalisé à partir des données de la Banque de Données économiques et financières (BDEF) de l'ANSD. Cette étude descriptive vise à comprendre la répartition territoriale des entreprises, leurs caractéristiques structurelles et les disparités économiques entre les huit pôles territoriaux de développement définis par la Stratégie nationale de développement 2025-2029.
Le commerce extérieur joue un rôle central dans l’intégration de l’économie sénégalaise aux échanges internationaux. Cette étude analyse l’évolution et la structure des échanges commerciaux du Sénégal entre 2014 et 2023 à partir de la base BACI du CEPII. L’analyse porte sur la dynamique des flux, leur structure par produits et partenaires, ainsi que sur les principaux indicateurs du commerce extérieur.
Ce rapport vise l'identification des ménages vivant sous un seuil de pauvreté multidimensionnel k = 32% des privations. Ensuite, calcule la probabilité de pauvreté multidimensionnelle des ménages sénégalais, et détermine les facteurs aggravants de la pauvreté des ménages.
Add to Collection
New discussion room